La purification – ses conditions et sa manière
La purification se divise en trois types :
- La purification des péchés et des désobéissances
C’est celle que demandait le Prophète ﷺ à Allah ﷻ, qu’Il le purifie de ses fautes et péchés.
Dans Sahîh Muslim, selon ʿAbd Allâh ibn Abî Awfâ (رضي الله عنه), le Prophète ﷺ disait :
« Ô Allah, à Toi la louange, autant que remplissent les cieux, autant que remplissent la terre, et autant que ce que Tu veux au-delà de cela. Ô Allah, purifie-moi par la neige, la grêle et l’eau froide. Ô Allah, purifie-moi des péchés et des fautes, comme le vêtement blanc est nettoyé de la saleté. »
Cette purification est fondamentale car elle est la base de toute autre forme de purification.
Ainsi, celui qui ne purifie pas son cœur ne purifie généralement ni son vêtement ni son corps, par manque de vigilance et de scrupule.
- La purification des souillures physiques
Il s’agit ici des impuretés concrètes et visibles comme :
- l’urine,
- les excréments,
- le sang,
- l’alcool liquide,
- et toutes les autres formes d’impuretés matérielles.
Ces impuretés ne peuvent être purifiées que par l’eau purificatrice (ṭahûr) selon la majorité des savants.
Cela implique que l’on lave avec de l’eau jusqu’à disparition de la couleur, de l’odeur et du goût.
Exception : les impuretés du chien et du porc, ou de ce qui en découle ; elles doivent être lavées sept fois, dont une avec de la terre, selon les divergences entre les savants sur certains détails.
- La purification de l’état d’impureté rituelle (ḥadath)
Elle se divise en deux catégories :
- Le grandḥadath(janâba)
Cela implique l’obligation du ghusl (grande ablution), comme dans les cas suivants :
- L’écoulement de sperme (mani),
- L’intromission du gland du sexe (ou l’équivalent de sa taille dans le cas d’un sexe amputé) dans le sexe de la femme ou l’anus, même sans éjaculation,
- La femme qui termine ses menstruations (ḥayd) ou ses saignements post-accouchement (nifâs) doit effectuer le ghusl.
- Le petitḥadath
Cela implique l’obligation de faire les ablutions (wudû’), comme :
- L’émission de toute chose par les deux orifices naturels : urine, excréments, liquide pré-éjaculatoire (maḏy), cailloux, etc.
- Le contact direct du sexe (le sien ou celui d’autrui) avec la paume de la main.
- La perte de conscience : sommeil profond, évanouissement, ivresse, etc.
- Le contact avec une femme étrangère (non-mahram) désirable, selon une opinion parmi les savants.
- La consommation de viande de chameau, selon certains savants également.
La manière de purifier
- Le ghusl s’accomplit par l’intention et le fait de passer de l’eau sur tout le corps.
- Le wudû’ s’accomplit par l’intention, puis :
- le lavage du visage,
- le lavage des bras jusqu’aux coudes,
- le passage de la main mouillée sur la tête,
- le lavage des pieds jusqu’aux chevilles.
Conditions de validité de la purification
- L’islam
La purification d’un non-musulman n’est pas valide, sauf pour l’épouse du Gens du Livre, que son mari oblige à faire le ghusl après ses règles ou ses lochies afin qu’il puisse avoir un rapport avec elle.
Si un mécréant était en état de janâba et faisait le ghusl pendant sa mécréance, puis se convertissait à l’islam, il doit recommencer son ghusl.
- Le discernement (tamîz)
Le wudû’ et le ghusl ne sont pas valides pour une personne qui n’a pas atteint l’âge de discernement, excepté :
- L’enfant qui accomplit le ḥajj avec son tuteur : ce dernier fait les ablutions à sa place avant le ṭawâf,
- Et la femme aliénée d’esprit : elle doit être lavée par son époux (après la fin de ses règles) avant qu’il ait un rapport avec elle.
- L’élimination de tout ce qui empêche l’eau d’atteindre la peau (ex : vernis, peinture, boue séchée…).
- L’élimination des impuretés visibles du corps avant de se laver.
- La cessation de ce qui empêche la validité du ghusl, à savoir :
- Les règles (ḥayd)
- Les saignements post-accouchement (nifâs)
- L’intention (niyya)
- Le passage de l’eau sur tout le corps lors du ghusl