La foi et son impact sur la paix intérieure 

Allah a créé ce bas-monde comme une demeure d’épreuve et de test. Il y a établi pour l’homme une vie marquée par la fatigue, traversée de peines et remplie de troubles, afin que nul ne s’y attache outre mesure, ni n’y trouve une paix durable. 

Elle fut créée trouble, et tu la veux limpide,
Dénuée de peines, de fange et d’impuretés.
Tu veux qu’elle obéisse à tes envies,
Et que dans l’eau tu puisses y allumer le feu ! 

Celui qui observe la vie des gens constatera que nombreux sont ceux qui ploient sous le poids des soucis :
soucis matériels, angoisses existentielles, peur de la mort, de la maladie, des épidémies, de l’avenir incertain ;
soucis du travail, du foyer, de l’épouse, des enfants, des revenus… autant de fardeaux qui pèsent sur les cœurs et consument les âmes. 

  1. À la recherche de la sécurité intérieure 

Face à la multiplication des épreuves, à la montée de l’anxiété, à l’explosion des cas de dépression et de troubles psychiques, les gens se sont mis à chercher ce qu’on appelle la sécurité intérieure. 

Mais que désigne exactement cette notion ? 

C’est le calme de l’âme, l’épanouissement de la poitrine, la sérénité du cœur.
C’est ce sentiment profond de quiétude intérieure, de tranquillité face à l’avenir, de satisfaction du décret divin, qu’il s’agisse d’un don ou d’une privation.
C’est cette attitude positive face aux épreuves et aux bouleversements de la vie, non pas parce qu’ils n’existent pas, mais parce que le croyant ne les laisse pas assombrir son horizon ni envahir son cœur de panique ou de désespoir. 

En trois mots, la sécurité intérieure, c’est :
sérénité, bonheur, contentement. 

  1. Le lien entre foi et sécurité intérieure 

Le rapport entre la foi et la paix intérieure est celui de la cause à l’effet : 

Lorsque la foi s’enracine, la sérénité apparaît.
Lorsque la foi s’élève, la quiétude grandit.
Plus la foi est forte, plus l’âme est apaisée.
Moins elle l’est, plus l’angoisse s’installe. 

 

  1. La foi purifie, unifie, rassure 

La foi en Allah et l’affirmation de Son unicité :
c’est ce qui purifie l’âme, l’élève, dilate la poitrine et raffermit le cœur.
À l’inverse, le polythéisme souille l’âme, la voile et l’affaiblit ; il ouvre la porte aux obsessions, aux peurs irrationnelles et aux angoisses. 

Allah, dans le Coran, a lié la sécurité intérieure à la foi, en disant : 

{Ceux qui ont cru et n’ont point mêlé à leur foi d’injustice, ceux-là auront la sécurité, et ils sont bien guidés.} (Sourate Al-An‘âm, v.82) 

Ce verset signifie : 

  • qu’ils auront la sécurité dans l’au-delà, le jour où les autres seront saisis par la peur, 
  • mais également la sécurité ici-bas,
    et avec la sécurité, la guidance vers tout ce qui est bon et bénéfique. 
  1. La foi libère des peurs et dompte les émotions 

La foi affranchit l’homme de la peur de tout ce qui n’est pas Allah. Elle l’aide à maîtriser ses émotions négatives : la peur, l’anxiété, l’inquiétude.
Le croyant sait que tout appartient à Allah, que la gestion de l’univers est entre Ses Mains, qu’il n’arrive que ce qu’Il veut. 

L’histoire du compagnon qui dégaina son épée face au Prophète en disant : 

« Qui te sauvera de moi ? »
et à qui le Prophète répondit sans trembler :
« Allah. »
— est le témoignage éclatant de cette foi sereine, inébranlable.
Aucune peur, aucun trouble, aucune panique.
Car il savait, avec une certitude absolue, que l’affaire toute entière est entre les mains d’Allah, que Son secours entoure les croyants, qu’Il les protège, les défend et les garde. 

{Allah ne suffit-Il pas à Son serviteur ?}
{Quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit.}
{Allah défend ceux qui croient.} 

Ainsi, plus le croyant s’en remet à son Seigneur, plus son cœur se tranquillise.
Il ne craint plus, ne désespère pas, n’est ni abattu ni affolé. 

  1. La foi et les œuvres justes, source d’une vie paisible 

La foi, accompagnée des bonnes actions, ouvre à l’homme les portes de la vie pure, de la proximité divine, de l’amour d’Allah et de l’intimité avec Lui.
C’est cette vie intérieure profonde, décrite par Allah : 

{Quiconque, homme ou femme, fait une œuvre juste en étant croyant, Nous lui ferons vivre une vie bonne, et Nous le récompenserons selon le meilleur de ce qu’il faisait.} (Sourate An-Nahl, v.97) 

C’est cela que Ibn Taymiyya appelait « le Paradis d’ici-bas », en disant : 

« Il existe un jardin dans ce monde ; celui qui n’y entre pas, n’entrera pas dans le Jardin de l’Au-delà. » 

Et Mâlik ibn Dînâr disait : 

« Il arrive au cœur des moments d’une telle allégresse que je me dis : si les gens du Paradis vivent cela, alors quelle douceur est la leur ! » 

  1. La foi au destin : socle de l’équilibre intérieur 

Croire en le décret divin donne au croyant une santé mentale stable, une paix spirituelle profonde.
Il sait que ce qui le touche ne pouvait le manquer, et ce qui le manque ne pouvait le toucher.
Tout est écrit de toute éternité. Allah dit : 

{Aucune calamité n’atteint la terre ni vos propres personnes sans qu’elle ne soit inscrite dans un Livre avant même que Nous ne l’ayons créée. Cela est certes facile pour Allah. Afin que vous ne vous tourmentiez pas pour ce qui vous échappe, et que vous ne vous réjouissiez pas de façon excessive de ce qui vous est donné.} (Sourate Al-Hadîd, v.22-23) 

{Aucune épreuve ne survient sans la permission d’Allah. Et quiconque croit en Allah, Il guide son cœur. Allah est Connaisseur de toute chose.} (Sourate At-Taghâbun, v.11) 

‘Alqama expliquait : 

« Il s’agit de l’homme qui, frappé par une épreuve, reconnaît qu’elle vient d’Allah, et s’y soumet avec satisfaction. » 

  1. Le croyant entre gratitude et patience 

Lorsqu’il sait que le décret d’Allah n’est que bien — dans l’épreuve comme dans la faveur —, il apprend à vivre dans la gratitude ou la patience, selon la situation.
Et dans les deux cas, il est récompensé. 

Le Prophète dit : 

« Quelle chose étonnante que l’affaire du croyant ! Toute son affaire est un bien pour lui — et cela n’est le cas que pour le croyant :
s’il lui arrive un bonheur, il remercie, et c’est un bien pour lui ;
s’il lui arrive un malheur, il patiente, et c’est un bien pour lui. » (Muslim) 

  1. La foi dans le fait que la subsistance est garantie 

Croire que la subsistance est prédéterminée allège le cœur du poids de l’inquiétude :
plus d’angoisse liée au revenu, plus de peur du manque, plus de convoitise envers ce qu’ont les autres.
Tout a été écrit lorsque l’homme était encore dans le ventre de sa mère. 

Ton pain ne sera pas mangé par un autre,
Et tu ne mangeras pas le pain d’autrui. 

Le croyant sait que nul ne peut lui ravir ce qui lui est destiné, et cela l’éloigne de la jalousie, de l’avidité, de la peur de manquer. 

Le Prophète dit : 

« L’Esprit de sainteté (Jibrîl) a insufflé en moi :
qu’aucune âme ne mourra avant d’avoir reçu en totalité sa subsistance. Craignez donc Allah, et cherchez votre subsistance avec dignité. » (At-Tabarânî) 

  1. La foi en un terme de vie fixé 

Le croyant sait que chaque âme a un terme précis, et que : 

{Chaque nation a un terme. Quand leur terme vient, ils ne peuvent ni le retarder d’une heure ni l’avancer.} (Sourate Yûnus, v.49) 

Ni la prudence, ni la fuite ne rallongent la vie.
Ni la bravoure, ni le courage ne l’écourtent.
Cette certitude pousse le croyant à la dignité, à l’audace dans la vérité, à rejeter la lâcheté et l’humiliation.
Il refuse de troquer sa foi, ses valeurs ou son honneur pour sauver une vie qui, de toute façon, ne s’achèvera que lorsque Allah le décidera. 

En conclusion 

La foi authentique est la clé de la sécurité intérieure.
Elle apaise les cœurs, renforce les âmes, chasse les troubles, guérit l’anxiété, et plante dans le cœur des croyants la confiance en Dieu, l’intimité avec Lui, la paix et la certitude. 

Elle constitue la fondation la plus solide pour affronter les grandes questions de l’existence, celles qui troublent les âmes, usent les pensées et consument les cœurs. 

Ô Allah, raffermis notre foi, apaise nos cœurs, purifie nos âmes, et fais que notre refuge soit toujours en Toi.
آمين يا رب العالمين